Romani LTQ Decolonial Manifesto

Inès Agnès de Luna and Jelena Dragan

Originally written in French.

English translation below. Translation into English by Simone Samba and Lucie Fremolova

Nous sommes ensemble à regarder le ciel et à discuter de la terre, de comment changer les situations, l’injustice… lesbiennes, queers, femmes et personnes transgenres, dissidentes, Rroms de différents pays, écrivons ce texte pour mettre en lumière ce qui commence ailleurs que dans l’écriture, pour dire nos luttes vivantes et spécifiques, tout en les reliant à tous nos combats, « identités », engagements,

  • contre l’imbrication profonde de plusieurs rapports de domination, nous avons en commun la nécessité de changements politiques, culturels et sociaux, radicaux et profonds ; pour affirmer notre refus de tout ce qui tend à nous catégoriser, et pour faire entendre la singularisation de nos voix et nos positions communes. Notre libération est aussi la résistance au capitalisme, aux guerres, à la militarisation, à la violence, à la police des pouvoirs, aux enfermements, aux expulsions et exils, aux exploitations par e travail, les trafics de corps, résistances à l’homo-trans-lesbophobies, au sexisme, aux patriarcats, aux colonialisme, aux dogmes liberticides ! Notre libération veut dire protection de nous-mêmes des nôtres, des enfants, de l’environnement et pour le partage des richesses !
  • pour mettre en évidence à la fois indépendance et liens avec nos allié-es Rrom, personnes de genre et d’érotismes dissidents, féministes anti-racistes et décoloniales, avec d’autres opprimé.es en lutte, nous sommes à l’écoute et solidaires de toutes les minorités dans le monde et le temps, combattant comme nous sur de multiples fronts, toujours au présent.

En effet l’intersectionalité et mise en relations, en actions concrètes des différentes luttes où nous sommes vivantes, n’est en rien pour nous un luxe ou un simple point de vue intellectuel – c’est aussi bien l’incarnation de pensées au service de nos causes, que la mise en pensée des noeuds d’oppression, pour nous en libérer, et ce, d’une façon vitale pour chacune de nous et pour toutes.

C’est notre point de vue qui ne prétend pas être celui de toutes les concerné.es.

Si nous sommes discriminé-es comme femmes, comme peuple et peuples Rrom, comme personnes de modes de vie non-binaires, d’amoures dissidentes », comme êtres humains subissant la précarité, l’exclusion de classe et de place sociale, nous avons une conscience aiguë d’être porteuses de forces créatives, de différentes formes créatives de combats pour la libérations contre les dominations et aliénations, extérieures et intérieures. 

Transnationales, avec une langue commune, centrale, le Romani, et des langues nombreuses, partout où nous vivons, habitons, voyageons – dans nos différents pays, métiers, dans nos familles, nos amours, nos arts, dans les collectifs où nous agissons, nous nous battons avec détermination contre ces discriminations et injustices et, avant nous, bien d’autres femmes, rroms, souvent méconnues mais néanmoins actives, subversives et précieuses, nous ont ouvert des voies, leurs voix généreuses, exigeantes.

Nous sommes des Rromnis, des racisé.es, et pas « plus modernes, plus présentables, ou plus honteuses, moins sauvages » que les autres criminalisés, notre genre/sexualité « non-conforme » ne nous a pas fait trahir nos peuples, races, parcours pour une « intégration » à un monde d’inégalités. Nous ne sommes pas les exceptions qui confirment les préjugés et les stéréotypes des oppresseurs. Nous ne sommes ni fétiches, ni ornements, masquant les relations de pouvoir qui renvoient nos êtres, nos amoures, nos corps et nos luttes dans la marge et l’inexistence.

Les différents états – à commencer par ceux d’Europe – ont tous – agi contre nos peuples Rroms et se sont construits sur un passé qui ne passe pas : exclusions féodales, esclavage pendant des siècles, fascismes, extermination sous le nazisme (et collaborateurs) – romaphobie structurelle persistante – violences policières – institutionnalité des expulsions et des violences policières, des inégalités, légitimité de stérilisations forcées, d’avortements interdits, de viols – surplomb du patriarcat européen et communautaire… L’invisibilisation par les pouvoirs des luttes Rroms, des luttes de femmes Rroms, des luttes des Rroms d’amoures et de genres dissidents n’est pas un hasard, il s’agit de les cacher car elles sont dangereuses en effet pour ces dominations – luttes pourtant permanentes, poétiques, courageuses. Le racisme colonial exercé à « l’extérieur » par les états d’Europe s’est aussi déchaîné à « l’intérieur », contre plusieurs populations ciblées, mises à mort, et cela se poursuit, contre migrant.es, pauvres, racisé.es, étranger.es ou assimilé.es, personnes malades, handicapées, fragiles… Le néocolonialisme impose sa loi et son marché de l’humain, promeut la destruction de la vie, se déchaine en d’incessantes prédations « libérales ». Il continue d’être désastreux contre les nôtres. De fait nous sommes souvent mis.es hors droits, boucs émissaires – mais nous nous plaçons aussi hors d’atteinte, différent.e.s, réfractaires, à cette violence qui prétend intégrer, couper, désintégrer, assimiler, diviser, classifier et exclure pour mieux exploiter, dominer, tuer, violer. Nous affirmons que d’autres organisations de vie, radicalement différente du capitalisme hétéronormé, plus égalitaires ( !!!) et plus libres, ont toujours existé, que nous en portons collectivement transmissions et gestations, novations.

Les féministes Rroms, résistantes contre toutes les oppressions, ont toujours existé et mené un combat puissant contre la dépendance et l’enfermement, contre le sentiment d’infériorité, contre l’empêchement à la culture, imposés par l’oppression raciste, sexiste et de classe. Comme femmes, lesbiennes, transgenres, queers, Rroms, nous sommes délibérément dans la transversalité et nos ancrages, comme nos voyages, nos exils, nos intérêts, nous amènent à une réflexion transnationale et internationaliste.

Les questions de santé, d’éducation, de formation, sont centrales, les institutions hétérocapitalistes dominent et nous ferment trop souvent les accès à l’expression, à la connaissance tout en pillant nos cultures. Le folklorisme prétend nous assigner à une seule représentation, paternaliste, la « féminité » serait traditionnelle ou moderne, mais toujours figée, mutilante, nos autres modes d’être sont méprisés. Ce système entrave une visibilité de nos richesses, et veut nous réduire à une image, à rien. Dans sa dimension patriarcale il prétend que le seul mode de vie que des Rromni pourraient suivre serait la famille hétéro-normée avec assignation des tâches, rôles etc, et peu d’accès au travail – à nos créations – aux transmissions de soins, d’études… C’est la précarisation, la xénophobie, le mépris de nos nombreuses compétences et notre mise à l’écart qui contribuent à l’enfermement, nous laissant l’urgence à gérer, nous volant le temps de maturation-éducation nécessaire comme à tout être humain. Notre diversité dans sa richesse lutte pour notre auto-émancipation ainsi que pour l’émancipation des femmes, de nos peuples, de nos amours, nous devons reconquérir notre droit à la parole et surtout celui de nous faire entendre.

D’emblée nous nous positionnons dans une lecture active, intersectionnelle des rapports sociaux de race, d’origines, de classe, de sexualité et de genre, de religion ou d’appartenance philosophique, de famille et d’amitiés, cela nous réjouit, remporte des victoires… rencontre bien des difficultés dès lors qu’il s’agit de changements profonds et durables, de changement de rapport de forces, de sociétés. La tendance, même entre militant-es et allié.es, à reconduire la hiérarchisation des priorités, des luttes, persiste et tend à atténuer, effacer, édulcorer nos voix et à laisser en place la pseudo «naturalité» sexiste de l’hétérosexualité et du binaire, venue des patriarcats racialistes. Le risque de récupération, institutionnelle comme communautaire est important et nous sommes fatiguées des définitions énoncées par d’autres. Comme beaucoup de femmes Rroms nous sommes cultivées, créatives, fortes. Comme d’autres lesbiennes, queers et transgenres nous assumons pleinement nos vies, les choix, affinités, érotismes et cultures nonbinaires qui sont les nôtres – même si, pour ne pas rompre certains liens sociaux et familiaux, pour ne pas être exposées à des violences masculines, groupales, le coming out n’est pas toujours le moyen par lequel nous nous déterminons – même si, le désespoir n’est jamais loin. Nos liens familiaux sont complexes et s’il ne sont pas le seul centre de nos vies, ils en sont un, majeur – malgré de fréquentes ruptures partielles liées au refus de celles que nous sommes. Nous sommes conscientes que beaucoup d’autres femmes restent (en partie) assignées à un mode de vie hétéro figé, parfois violent, du fait des fractures faites par l’histoire dominante à nos familles. Beaucoup sont tenues en otage, pour réparer sans cesse les conséquences des exactions institutionnelles romaphobes et pour maintenir des conditions de vie, voire de survie pour les leurs, pour leurs enfants. Nous n’agissons pas contre les nôtres, mais avec, au milieu, à côté d’elles et d’eux – contre toutes constructions opprimantes et hiérarchies aliénantes, dehors, dedans. Nous savons aussi que l’apparence est trompeuse – le manque d’attention, la surdité, l’ignorance où sont plongés les gens – par le culte de l’argent, les mensonges médiatiques, l’intoxication idéologique imposée par des états et des multinationales armés, la terreur, la criminalisation de l’étranger.e – produisent acouphènes et angle mort à l’endroit de nos vies et de nos voix, des voix de rébellion et de liberté des femmes, lesbiennes et personnes trans, Rroms. Nos voix ne parlent pas dans les mêmes micros. Elles sont tout simplement occultées, et dites inexistantes parce que nonentendues, alors qu’elles sont résistance, actions quotidiennes et forces extraordinaires contre la déshumanisation.

C’est dans notre conscience de ces forces populaires, d’être de plusieurs centres, d’énergies, de plusieurs lieux, de plusieurs cercles et cultures, d’être différentes et singulières, que nous puisons les connaissances et les multiples aspects du combat. Ces forces profondes, érotiques et subversives, populaires nous relient afin que les oppressions multiples cessent de nous couper en morceaux. Nous inventons avec d’autres un autre monde, le combat est permanent, sans répit contre la volonté absurde des dominations patriarcalocapitaloracistedominantsexistes : chosification de l’humain, de tout vivant, de la terre, pour un profit stupide et génocidaire. 

Il n’y a pas une seule façon de procéder pour vivre de façon simultanée et non hiérarchisée nos luttes, nos vies, nos amitiés et nos amours politiques. Le besoin d’échanger, de nous rencontrer et de fédérer se fait puissant, nous exprimer sur nos questions de femmes Rroms, lesbiennes et trans, féministes, de tous nos pays, parfois de plusieurs origines et peuples, permet de faire et de contribuer à des alliances intracommunautaires et extracommunautaires, fécondes, heureuses et lucides, la mise en invisibilité de la dimension politique de nos vies doit cesser. Le monde a davantage besoin de nous qu’il ne le sait. Nous et nos ami.es le savons.

_____________ _____________________ _____________________________

We are together, looking for the sky, looking to the earth, and what action will change this world, the injustice…. lesbians, queers, trans women, trans people, dissidents, Romani women from different countries — write this text to bring to light what emerges in places other than writing; to communicate our ongoing and specific life struggles, while at the same time relating them to all of our fights, ‘identities’, engagements

  • against the profound interlocking of several dominant relations, we have in common a sense that radical and profound political, cultural and social change is needed; to assert our refusal of everything that tends to categorise us, and to make heard the singularity of our voices and common positions. Our liberation also encapsulates resistance to capitalism, wars, militarisation, violence, the rules of power, imprisonment, expulsions and expatriations, labour exploitation, trafficking in bodies; resistance to homo/trans/lesbophobia, sexism, patriarchy, colonialism, and to dogmas destroying freedom! Our liberation means the protection of ourselves, of those who are ours, of children, the environment, and in favour of sharing wealth!
  • to simultaneously highlight the notion of independence and links with our Romani allies, with people of dissenting genders and desires, with anti-racist and decolonial feminists, with others who are oppressed in their struggle, we are receptive to and express our solidarity with all the minorities in the world and across time, who fight, just like us, on multiple fronts, always in the

Indeed, intersectionality and the specific interlinking and activation of different sites of struggle, in which we find ourselves living, is no luxury nor a simple intellectual viewpoint for us — it also embodies the notion of putting our ideas in the service of our causes, as well as conceptualising the various intersections of oppression in order to free ourselves from them in a manner that is critical for each and every one of us. This is our point of view which does not pretend to be that of everyone concerned.

While we are discriminated against as women, as people and as Romani people, as people who live non-binary lives and have dissident sexualities and desires, as human beings sustaining precariousness, exclusion on the basis of class and social status, we have an acute awareness of being the bearers of creative forces, of different creative forms of fighting for freedom from domination, alienation and estrangement, which are both exterior and interior.

 We are transnational, possessing one central language that we have in common, Romani, and numerous other languages, amidst which we live, reside and move — in our different countries, jobs, in our families, our loves, our arts, in collectives in which we are active, we combat discrimination and injustice with determination; and before us, many other women, Romani women, often disregarded and unrecognised, nonetheless active, subversive and precious, have opened the way for us with their generous, strenuous and sophisticated voices.

 We are Romani women, those who have been raced/racialised, but not ‘more modern, more presentable, or more shameful, less savage’ that those others who have been crimilased, our ‘non-conformist’ gender and sexuality has not made us betray our people, races; it is not a pathway to an ‘integration’ into the world of inequalities. We are not exceptions that prove the prejudice and stereotypes of the oppressors. We are not either a fetish or ornaments, masking those power relations that send our beings, our loves, our bodies and our struggle into fringes of society and non-existence.

Different states — starting with those in Europe — have all acted against our Romani people, constructing them based on a notion of the past that never comes to pass: feudal exclusions and slavery over the past centuries, fascisms, extermination under the Nazi regime (and by collaborating slates) — persisting structural Romaphobia — police violence — institutionalisation of expulsions and police violence, of inequalities, the legitimacy of forced sterilisations, illegal abortions, rape — the legacy of European and Community patriarchy… Invisibilisation based on power relations lying at the root of the struggles of Roma, those of Romani women and Roma of dissenting desires and genders does not happen by coincidence; it is about hiding them because they are in fact dangerous for those very power relations — struggles that are, nonetheless, permanent, poetic, and courageous. Perpetrated and exercised ‘externally’ by European states, colonial racism has been unleashed ‘internally’ as well, targeting several populations by means of killing. This goes on in relation to migrants, the poor and raced/racialised, foreigners or those assimilated, the ill, disabled, vulnerable …

Neocolonialism imposes its rule of law and market in humanity, promoting destruction of life and unleashing relentless ‘liberal’ predations. It continues to be disastrous against everything that is ours. We are de facto often deprived of our rights as scapegoats — but we also situate ourselves as elusive, different, obstinate and resistant to this violence that claims to integrate, cut, disintegrate, assimilate, divide, classify and exclude in order to better exploit, dominate, kill, rape and violate. We maintain that practices of organising life – alternative and different – than heteronormative capitalism, which are more egalitarian and freer, have always existed; collectively, we facilitate their transmission, new possibilities and development.

Resistant to all forms of oppression, Romani feminists have always existed and waged a fight against dependence and incarceration, against the feeling of inferiority, against the notion of being a hindrance to culture, imposed on us by racist, sexist and class oppression. As women, lesbians, trans people, queers, Roma, we are deliberately situated within this transversality; just like our travels, expatriations, interests, our ‘anchorages’ lead us to engaging in a transnational and internationalist reflection.

The questions of health, education, background are key; heterocapitalist institutions dominate and often preclude us from accessing expression, knowledge while, at the same time, plundering our cultures. Folklorism claims to assign to us a single, paternalist representation, according to which ‘femininity’ is traditional or moderne, but always fixed, mutilating; other modes of our existence are despised. The system impedes the visibility of our many richnesses and wants to reduce us to an image, to nothing. In its patriarchal dimension, it asserts that the only way of living that Roma can follow is the heteronormative family with the attendant distribution of tasks, roles etc, and little access to work — to what we have created — in terms of transfer of care, studies… It is the threats, instability, xenophobia, contempt for the numerous competences that we have, and us being sidelined that contribute to imprisonment, leaving us only the urgent need to cope, stealing from us the time necessary for development, maturing and education that every human being needs. Our diversity in its richness fights for our auto-emancipation, as well as for the emancipation of women, of our people, our loves so that we can reclaim our right to the spoken word and, above all, our right to be heard.

From the outset, we have positioned ourselves in an active, intersectional reading of social relations with respect to race, origin, class, sexuality and gender, religion or philosophical allegiances, family and friendships; this brings us joy, as well as some victories… yet, it is a source of many difficulties for us as it concerns profound and long-lasting changes, changes in terms of power relations, of society. The tendency, even amongst activists and allies, to replicate the hierarchy of priorities and struggles persists and tends to mute, erase, water down our voices and to keep untouched the sexist pseudo ‘naturalness’ of heterosexuality and the notion of binary: the legacy of racialist patriarchies. The risk of institutional, as well as community recycling and reproduction of these forces is an important one; we are tired of seeing definitions being enunciated by others. Just like many Romani women, we are cultivated, creative and strong. Just like other lesbians, queers and trans people, we assume full responsibility for our lives, choices, affinities, eroticisms and non-binary cultures which are ours — even though ‘coming out’ is not always the means through which we determine ourselves in order not to severe certain social and familial ties in order not to be exposed to masculine and group violence — even if despair is never too far. Our family ties are complex and even though they are not the only focus in our lives, they are nonetheless a major one — despite frequent partial ruptures linked to the refusal of who we are. We are aware that a fixed hetero way of living, at times violent, is still (partly) assigned to many other women as a result of fractures caused to our families by the dominant history. Many have been held hostage in order to incessantly repair the consequences of institutional romaphobic ill-treatment and to maintain living conditions and survival of their own, of their children. We do not act against our own people but always with, amidst and next to them — against all the oppressive constructions and alienating hierarchies existing both inside and outside.

 We also know that appearance is misleading — lack of attention, deafness, ignorance into which people are submerged — by means of the cult of money, lies perpetuated by the media, by ideological intoxication imposed by states and armed multinational corporations, by terror, by the criminalisation of foreigners — produce noise distractions and blind spots in our individual lives and in our voices, voices of rebellion and freedom for Romani women, lesbians and trans people. Our voices do not speak in the same microphones. They are all simply made obscure, believed to be inexistant because they have not been heard, whereas they represent resistance, everyday actions and extraordinary strengths and forces working against dehumanisation.

It is in our awareness of these popular forces, of consisting of several centres, energies, of several places, of several circles and cultures, of being simultaneously different and singular, that we draw on our knowledge and multiple aspects of fight. These profound erotic, subversive and grassroots forces interconnect so that multiple oppressions cease to cut us into pieces. With others, we invent a different world, the struggle against the absurd will of patriarchal/capitalist/racist/dominant/sexist dominance is permanent, without respite: the commodification of human beings, of all living creatures, of the earth for an idiotic, genocidal profit.

There is no one way of proceeding in order to live our struggles, our lives, our friendships and our political desires and affections in a simultaneous and non-hierarchical manner. The need to exchange opinions, to meet each other and to unify manifests itself as potent; the need to express ourselves in relation to our matters concerning Romani women, lesbians and trans, feminists from all of our countries, and at times of several origins and people, allows us to make and contribute to intra- and extra-community alliances, which are fruitful, delightful and lucid. The invisibilisation of the political dimension of our lives needs to stop. The world needs us more than it realises. We and our friends know it.

_____________ _____________________ _____________________________