Un texte de Michaël

D’un bout à l’autre, les balcons maladroits racontent ce qui se tait, ceux qui se taisent, ceux qui se cachent dans les combles des espaces où s’écoulent les rivières de silence presque oubliées. Je vibre aux enroulements d’écroulements sans écrous. Entends-tu l’éboulement et mes os tourmentés ? Les portes se ferment et les rideaux dansent, frôlés par les pulsations du vent. Alors que les pétales bercent les regards, ces eux descendant les escaliers de l’air, l’éternité est la symétrie des pleurs, dirais-tu. Il suffirait d’un bout d’ongle coupé pour marquer une vie jouant au funambule au square du ru. Au fond de mes pensées saignent ce qui se sèche quand bien même les doléances se renversent et traversent les passages piétons, le corps rampant, serpent glissant hors de ma bouche. Chut ! Ne crie pas. Cela ferait saigner les fissures déjà creuser et troublées. La bougie d’hier brûle tel un hymne dressé contre toutes les peurs nous traversant à contre-courant et nous ne sommes pas étanches dans la tranche. Laisse-moi l’étouffer, s’il te plaît te demandais-je, ce crie suspendu dans un claquement de doigt arrivant, de ma bouche à la tienne. Je crache vert et jaune et mousse végétal tiède ! Les bulles chantent volcan de boue…

Ma gorge serrée, se contracte et spasme à son corps se faufilant : craquent les cavités et montent la mousse de mes intestins. J’exulte et tes cils ramassent cette pluie fine de tes yeux. J’éternue et le sang tombe chaud, épais, caillots. Alors, j’expulse sec, en un jet ce surplus, demain il fera plus lourd et volera pollen encore, en corps beaux, et montera cette odeur de rouille. Tu l’imagines habitant une partie de tes sphères sourdes, cette eau tranquille où les canards passent. Dans ce décor nous accordons nos cordes et nos sauts raccordent les fils d’électricité à nos cœurs frissonnants. Bouillonnent des secrets, lesquels semblent porter tous les oiseaux du coin. Parfois se demande, comment font nos autres, ces petits machins qui rongent, dentent, croquent, mâchouillent, nos épidermes, nos chairs déchirés, chiqués comme du tabac jaune. Comment colle-t-on des affiches pour que continue de s’espérer peut-être des petits papiers et petits mouchoirs, des petites choses, des petits quelque chose, autre que le désordre, et que s’étoffe et s’érige les déclinaisons de nos réminiscences. Nos sangs ont été que trop versés et j’aimerais pouvoir accéder à une promesse pour nous.

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9e748991-d592-47bc-abc0-7a700a234602Michaël est noirindien, 38 ans, QTLPOC neuroatypique autiste et éducateur, pédagogue auprès des maternelles et primaires, poète et raconteur. Il pratique le yoga des paresseux et la méditation koala. Militant AfroAsianTrans intersectionnel radicale, LGBTQIA + POC pour une éducation populaire, anti-raciste, décoloniale, anti-nucléaire, anti-arme, pro-choix et pro-droit, luttant contre le sexisme, la fétichisation, la transmisogynie et la grossophobie etc…

Il anime un atelier d’écriture pour QTLPOC par mail depuis janvier 2019 et est un lecteur compulsif.

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